Fusion avec effet de signal: alfa Media fait le point

Dans une interview exclusive avec la newsletter PreMedia, le CEO Jens Emmerich et le directeur commercial Rainer Lang évaluent la première phase du rachat de red.web et révèlent quels projets ils nous réservent encore.

Ce fut un coup de théâtre lorsque, début octobre 2016, nous – alfa Media Partner GmbH – avons annoncé juste à temps pour la World Publishing Expo à Vienne que nous rachetions le fournisseur de système red.web, originaire de Coblence. Nous élargissions ainsi notre portefeuille de logiciels déjà largement reconnu, pour l’enrichir de nouveaux produits modernes destinés à la rédaction. Et nous gagnions du même coup 20 nouveaux jeunes collaborateurs motivés. Depuis le 1er janvier, soit depuis plus de 100 jours, les deux entreprises n’en forment officiellement plus qu’une. L’occasion pour la newsletter PreMedia d’inviter deux responsables de la maison à une discussion d’experts. L’interview est publié dans l’édition 5/2017 de la newsletter PreMedia. Nous le publions également sur notre site Internet avec l’aimable autorisation du magazine spécialisé.

Newsletter PreMedia (PMN) : Cela fait déjà 100 jours que red.web, auparavant département de la maison d’édition Mittelrhein-Verlag à Coblence, appartient à alfa Media Partner GmbH, à Rödermark. M. Emmerich, M. Lang, les deux parties forment-elles déjà une unité ?
Jens Emmerich : Il serait présomptueux de vous dire, ainsi qu’à vos lecteurs, que tous les processus ayant lieu à Rödermark et Coblence se recoupent à 100 % et que nous avons pleinement fusionné, mais je peux toutefois affirmer une chose : oui, nous sommes en très, très bonne voie ! Les collaborateurs de Rödermark et de Coblence, mais aussi les collègues de nos deux autres sites de Kiel et de Munich, ont des fonctionnements très proches et partagent la même philosophie quant à la conception des logiciels aujourd’hui nécessaires aux maisons d’édition et aux entreprises de médias.
Rainer Lang : Je ne peux qu’approuver mon collègue : les choses bougent. Nous avons réussi à créer une atmosphère de renouveau. Un indice à cet égard : à la mi-mars, nous avons invité les collaborateurs de tous les sites à Rödermark pour un grand événement d’entreprise. L’ambiance était excellente, le courant est bien passé. Enfin, et c’est pour moi le plus important, les collègues sont tous sur un pied d’égalité et peuvent parler ouvertement les uns avec les autres, faire des critiques positives et mettre en œuvre des idées novatrices, ensemble.

PMN : Des idées novatrices ? Si je puis me permettre, cela fait un peu langage publicitaire. Pourriez-vous nous donner un exemple ?
Jens Emmerich : Je peux même vous en donner plusieurs. Nous avons récemment élaboré en peu de temps, en impliquant tous les sites, un produit baptisé alfa Skills. Avec ce module, nous ouvrons de nouveaux chemins pour l’interaction verbale et donnons à nos clients l’occasion de participer au progrès technologique qu’incarne Alexa, l’assistante virtuelle d’Amazon. Grâce à notre application alfa Bazaar, par exemple, nous avons créé une méthode entièrement intuitive pour réserver des petites annonces le plus simplement et le plus rapidement possible, et ainsi gagner des clients publicitaires. Le sujet d’avenir des « robots rédacteurs » revêt également une grande importance pour nous et a depuis bien longtemps dépassé les limites de l’expérimentation amateur. Ici aussi, nous pouvons dès maintenant offrir de l’utilité à nos clients.
Rainer Lang : L’intérêt pour ces nouveaux produits et ces nouvelles fonctionnalités est considérable. À cela s’ajoute le fait que les clients actuels d’alfa s’intéressent grandement au logiciel de rédaction de Coblence. Et inversement, les anciens clients de red.web sont désireux de découvrir les solutions d’annonces de Rödermark, par exemple. Nous pouvons désormais proposer une intégration encore plus approfondie des produits. L’utilisation des composants de planification peut à elle seule permettre à de nombreux clients de simplifier encore davantage les processus de travail, ce qui, naturellement, s’accompagne d’une amélioration accrue de la rentabilité.

PMN : Lorsque nous visitons des maisons d’édition et des entreprises de médias, nous remarquons clairement que la branche suit de près les évolutions de Rödermark et de Coblence. Ressentez-vous une certaine pression ?
Jens Emmerich : Nous sentons que nous sommes observés. Il est évident que nous devons produire des résultats. Mais nous le faisons déjà depuis la création de l’entreprise il y a 35 ans. Nous ne pouvons en aucun cas nous reposer sur les succès des années passées. Nous devons constamment explorer de nouvelles idées et technologies. Et c’est précisément le point commun que nous avons avec nos clients. Le rachat de red.web en est une preuve supplémentaire : nous voulons rester et resterons des pionniers. Dans l’ensemble, je ne dirais pas que cette pression est un poids, mais plutôt un moteur. Cela va d’ailleurs de pair avec les retours que nous recevons de nos clients. La plupart nous ont félicités pour le rachat et se réjouissent des nouveautés que nous leur proposerons.
Rainer Lang : Nous l’avons dit dès le départ : le rachat de red.web est un engagement, une profession de foi en faveur de la branche. Nous investissons certes pour garantir l’avenir de notre entreprise, mais investissons aussi dans l’avenir de nos clients. Ces derniers, ainsi que de nombreuses personnes intéressées, nous font confiance. C’est ce que nous montrent les réactions, et ces dernières nous confirment que nous sommes sur la bonne voie.

PMN : Pourtant, il est certainement difficile de trouver un client-pilote qui soit prêt à miser le premier sur le nouveau portefeuille de produits de votre entreprise ?
Jens Emmerich : Nous avons eu de la chance : le journal Mindener Tageblatt s’est très tôt porté volontaire. Ceux qui connaissent ce quotidien et la rédaction travaillant autour de Christoph Pepper, son rédacteur en chef, savent qu’il s’agit d’une maison très innovante et moderne. Lorsque vos lecteurs liront cet entretien, le coup d’envoi officiel du projet aura déjà été donné. Nous sommes actuellement en plein préparatifs pour la restructuration.

PMN : Vous avez indiqué, presque juste après l’annonce de la fusion, que le site de Rödermark se concentrerait clairement sur les sujets relatifs aux annonces, tandis que celui de Coblence serait renforcé en tant que site des logiciels de rédaction. Par conséquent, les logiciels de rédaction connus jusqu’à présent comme étant ceux de red.web seront aussi proposés aux clients existants qui utilisent les produits alfa NewsSuite et MediaSuite. Ou pour le dire plus franchement : les utilisateurs des logiciels alfa doivent-ils craindre que leurs produits ne soient à l’avenir plus développés ?
Jens Emmerich : Cette question aussi nous a bien entendu été posée par notre clientèle. Notre promesse : non, ils n’ont évidemment rien à craindre ! Les solutions qui existent actuellement dans l’entreprise continueront à être prises en charge. Cela veut aussi dire que nous créerons de nouvelles fonctions. Toutefois, nous n’effectuerons plus de changements conceptuels majeurs dans ces modules, mais nous concentrerons sur les modules de Coblence.
Rainer Lang : Il est important de signaler aussi que nous transférerons les fonctions particulièrement appréciées qui ne devront pas être contenues dans les modules de Coblence. À cet égard, les concepts seront régulièrement comparés en interne. Nous nous sommes déjà réunis avec les clients pour de premiers ateliers.

PMN : À propos des clients : il n’a pas été facile de trouver un moment pour réaliser cet entretien, car vous vous rendez tous les deux fréquemment chez vos clients existants et potentiels, afin de leur présenter personnellement l’état des lieux et la feuille de route pour la fusion. Prévoyez-vous de le faire encore une fois de manière groupée, par exemple dans le cadre d’une journée clientèle ?
Rainer Lang : Tout à fait. C’est d’ailleurs en cours de planification et nous avons déjà réservé le lieu et les premiers intervenants. Nous inviterons nos clients dans le quartier de Niederrad, à Francfort, pour une journée clientèle le 27 juin. Ce sera l’occasion parfaite pour présenter, comme vous le disiez, l’état des lieux et la feuille de route à un vaste public. Nous abordons bien entendu l’événement sous différents angles, de sorte que nous proposerons aussi des élans positifs de l’extérieur.

PMN : Si vous avez encore un peu le temps pour quelques confidences... Quels sont vos projets futurs en développement pour Rödermark, Coblence, Kiel et Munich ?
Jens Emmerich : Nous ne voulons bien entendu pas en dire trop. Néanmoins : sous le concept d’avenir « Virtual Newsroom », nous continuerons d’accroître l’utilité pour la rédaction et de faire ainsi concurrence à d’autres fournisseurs de logiciels qui ne nous voient peut-être pas encore comme concurrents dans leur segment de marché. Nous accélérerons aussi le développement d’offres d’application et de e-papier, et proposerons des systèmes complets comme solution « Software-as-a-Service ». Tout cela va être passionnant, nous nous en réjouissons.

PMN : Un regard sur l’avenir : imaginons que nous nous retrouvions dans un an exactement. Que pensez-vous ? Quel sera alors votre bilan de la fusion d’alfa Media et de red.web ?
Jens Emmerich : Évidemment, il n’est pas toujours facile de lire dans une boule de cristal. Je suis parfaitement convaincu, toutefois, que cette fusion était une bonne décision. Selon moi, la situation dans un an sera la suivante : nous parlions il y a encore un instant du journal Mindener Tageblatt. Dans peu de temps, ce journal de Westphalie orientale travaillera de manière performante grâce à la nouvelle configuration de logiciel, j’en suis certain. D’autres entreprises auront réalisé cette transformation ou seront en train de la mettre en œuvre. Enfin, je peux affirmer avec certitude que les nouveaux clients seront eux aussi satisfaits de nos solutions.

PMN : Merci beaucoup pour cet entretien instructif. Nous vous souhaitons, à vous et à vos collaborateurs, beaucoup de succès pour l’avenir !

Cet entretien a été réalisé par Karl Malik pour la newsletter PreMedia.